Madame, Monsieur,
C'est un grand plaisir de m'adresser à vous, membre d'une institution prestigieuse
et d'avoir l'honneur de vous faire part d'une remarque concernant le dictionnaire
général de la langue française.
La remarque porte sur un droit
dont la définition est absente de tous dictionnaires, généralistes ou spécialisés.
Cet ajout permettrait de formaliser et de mettre des mots sur un droit multiforme,
non défini donc sans aucune base juridique, commerciale ou catégorielle quelconque.
Pourtant, ce pseudo-droit régit la grande partie des relations humaines.
Essayer de lui donner une définition serait déjà une gageure. J'ai quand
même modestement relevé ce défi mais je reste malgré tout par trop réducteur tant
le champ est vaste. La définition de ce droit qui ne dit pas son nom est indispensable.
En effet, il organise toute notre vie, à tous les niveaux de la société et désormais
plus rien n'y réchappe. Non seulement notre vie d'individu, mais au même titre
que l'air ou l'eau, il en est devenu un élément incontournable, introduit et imposé
par l'être humain. D'ailleurs, indirectement, ses effets se font sentir jusque
dans le milieu naturel devenu une zone de valeur marchande…
Ce droit, je l'ai appelé "Droit Financause". Je le tire du mot finance, dont
il est une des caractéristiques et du mot cause, comme ce mot l'indique, est une
cause et une conséquence de la financiarisation de notre monde à l'échelle planétaire.
A ne pas confondre avec Droits financiers, propres aux règles du Monde des Finances
des différents pays et des accords d'échanges…
Le Droit Financause
: Comment le définir ? : Le pouvoir de l'argent ne donne pas des droits au sens
juridique du terme mais au sens financier. Il procure la capacité et l'accumulation
de jouissance permis par notre société de consommation. Pour une personne possédant
un capital Financause important, a, dans notre système une forte valeur ajoutée,
c'est un droit direct, il permet de jouir des biens et des services en contre
partie de valeur financière établie sur l'offre et la demande ou par un prix basé
sur le marché. Une formule résume bien cette situation : "Dis-moi combien tu gagnes,
je te dirais qui tu es, comment tu vis".
Autre aspect et non des moindres,
il est l'objet de chantage permanent de la part des différentes factions politiques,
sociales, syndicales et patronales… qui se le dispute. Véritable pouvoir, l'Etat
et les Patrons l'utilisent comme levier, laissant apparaître son côté contraignant.
C'est aussi un droit indirect, il donne de la notoriété, de l'influence,
des facilités d'obtention. Cette influence affecte de manière invisible et parfois
insidieuse tous les niveaux de notre organisation.
C'est le rêve de bien des
individus, ce droit peu apporter confort et bien être comme son contraire, pouvant
aller jusqu'à la perte des valeurs humaines, morales et l'anéantissement des personnes
elles-mêmes.
Les religieux le définissent comme le Diable. Les politiciens
comme le nerf de la guerre et les sectes, comme un moyen d'aliénation. Depuis
quelques années, l'idéologie néo libérale s'en est emparée pour en faire, non
plus un moyen ou un outil mais un objectif permanent de spéculation dont le seul
but n'est que le décuplement de sa puissance et de son hégémonie au détriment
de tous les autres secteurs et valeurs confondus qu'elle applique à différents
moments à différents endroits, à dose subtilement adaptée.
Le
Droit Financause quantifie (quand, combien peuvent obtenir…), segmente en catégorie
sociale (les droits qu'il procure déterminent et reflètent la catégorie sociale
dont dépend l'individu), oppose les catégories entre elles et les hommes d'entre
les peuples (un Français d'après son coût vaut X Chinois, X Indiens…), aliène
l'esprit et le comportement, "dans notre monde dit moderne, personne n'a le privilège
de pouvoir sans passer".
Une constante se dégage cependant des différents
aspects évoqués, c'est l'affectation et le développement d'une valeur financière
parallèlement à une valeur immatérielle. A partir d'un certain seuil, il y a dégagement
et démonstration d'un caractère de puissance, de faste et de pouvoir. Culturellement
le Droit Financause à haut niveau est associé à la réussite, aux différentes formes
de jouissance (matérielles, relationnelles, spirituelles sans oublier la puissance
et le pouvoir…), et la possibilité de disposer d'autrui dans des proportions hors
normes malgré les droits fondamentaux (Droits de l'Homme, Droits des Femmes, du
travail des enfants...), les chartes internationales et il fait partie de manière
plus ou moins consciente d'un phantasme collectif, le besoin de gagner de l'argent
est réel mais aussi virtuel et spéculatif.
Nous
pourrions croire un peu naïvement que les Trente Glorieuses avaient mis la Finance
(les droits Financause) comme un moyen, un précepte d'élévation matérielle, culturelle
et spirituelle, mais après 68, l'Homme en a fait un but à atteindre. La Finance
pour la Finance au mépris de celui qu'elle devait servir.
Message sur le répondeur de Là-bas si j'y
suis le 12/10/05 : Jusqu'où la coercition du pouvoir Financause (expulsion d'une
femme de 80 ans, caution de son fils) durée 0'54s. Votre navigateur ne
peut lire le fond sonore de cette page
Extrait de correspondance…
: Lettre adressée à un membre de l'Académie Française, portant à sa connaissance,
l'absence de définition du Droit Financause qui ne dit pas son nom et qui nous
régit pourtant...
Octobre
2005
Paul TOMBALE
(site Alius Vox http://www.aliusvox.com)
©
Copyright : La reproduction, la distribution sont limitées
à un usage strictement privé